Depuis la loi du 5 septembre 2018 et son décret d’application du 28 décembre 2018, l’action de formation en situation de travail, l’AFESTLa formation reconnue par la loi qui se fait sur le poste de travail, pas en salle., est une catégorie de formation professionnelle à part entière dans le code du travail, article L6313-2. Apprendre en pratiquant sur son poste, avec un cadre précis, a le même statut légal qu’une session en salle.
Ce qui distingue l’AFEST d’apprendre sur le tas
Un salarié qui découvre seul un nouvel outil en l’utilisant apprend, parfois bien, mais ce n’est pas une AFEST. La loi exige un cadre : une analyse préalable de l’activité pour identifier ce qui doit être appris, un formateur ou tuteur désigné, distinct de la personne formée, des phases réflexives explicitement séparées des phases de mise en situation, et une évaluation des acquis à la fin du parcours. Sans ces quatre éléments, l’apprentissage reste informel, ce qui n’a rien de mal en soi, mais qui ne bénéficie pas du même statut ni des mêmes financements.
Pourquoi ce format convient à certains sujets liés à l’IA
Apprendre à écrire un prompt efficace pour une tâche précise, trier des mails avec un assistant, préparer un premier jet de devis, sont des compétences qui se pratiquent mieux directement sur les cas réels de l’entreprise que sur des exemples génériques en salle. Le lien entre ce qui est appris et le travail réel est immédiat, ce qui est exactement l’avantage que l’AFEST formalise.
Ce qu’elle ne remplace pas
Comprendre ce qu’est un modèle de langageLe logiciel derrière ChatGPT ou Claude : il complète un texte, il ne « sait » rien au sens propre., pourquoi il peut se tromper avec assurance, ou ce que dit la gouvernance interne sur les données à ne jamais lui soumettre, relève d’une explication plus que d’une pratique. Une AFEST bien construite gagne à s’appuyer sur ce socle plutôt qu’à le remplacer.
Comment démarrer sans se tromper de cadre
Le formateur n’a pas besoin d’être externe : un salarié qui maîtrise déjà un usage précis de l’outil peut jouer ce rôle, à condition d’être accompagné pour structurer la transmission, pas seulement pour montrer ce qu’il fait. L’analyse préalable, souvent négligée, est l’étape qui distingue une vraie AFEST d’une simple observation : elle demande de décrire précisément ce que la personne doit savoir faire à la fin, avant même de commencer.