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Cinq questions à poser avant d'adopter un outil d'IA, d'après la CNIL

La CNIL a publié ses recommandations sur l'IA générative et le RGPD. Traduites en questions concrètes, sans jargon, elles donnent une liste courte à poser à un éditeur avant d'adopter son outil.

La CNIL a publié en 2024 puis complété en février 2025 ses recommandations sur l’IA générative et le RGPD. Le texte s’adresse aux professionnels qui déploient ces outils, avec un vocabulaire juridique qui décourage la lecture directe. Traduit en questions, il tient en cinq points qu’un dirigeant sans service informatique dédié peut poser lui-même, avant d’adopter un outil.

Sur quelle base légale l’outil traite-t-il vos données

Toute utilisation de données personnelles a besoin d’une justification légale, l’exécution d’un contrat, un intérêt légitime, ou le consentement. La CNIL demande de déterminer ce régime avant le déploiement, pas après coup. Un éditeur sérieux peut répondre à cette question en une phrase. L’absence de réponse est déjà une réponse.

Quelles données entrent réellement dans l’outil

La CNIL recommande de favoriser l’anonymisation et de limiter ce qui transite. Concrètement : un commercial qui colle une liste de clients avec leurs coordonnées dans un outil grand public fait exactement ce que la recommandation vise à éviter, que l’outil soit performant ou non.

L’éditeur empêche-t-il le modèle de recracher des données confidentielles

C’est un point technique précis de la recommandation de 2025 : « développer des solutions empêchant la divulgation de données confidentielles par le modèle ». Un modèle entraîné, y compris involontairement, sur des données envoyées par les utilisateurs peut les restituer à quelqu’un d’autre. Un éditeur sérieux a une politique écrite là-dessus, disponible sans avoir à la demander trois fois.

Une analyse d’impact est-elle nécessaire

Pour un usage à risque, traitement de données sensibles, décision automatisée qui affecte une personne, la CNIL demande une analyse d’impactLa liste écrite des données personnelles que l’entreprise traite, et pourquoi. Obligatoire, même sans DPO. formelle. Pour un usage courant, écrire ou reformuler du texte sans donnée sensible, ce n’est généralement pas nécessaire. La distinction se pose au cas par cas, pas par principe.

La protection des données a-t-elle été pensée dès le choix de l’outil

Le dernier point de la recommandation, « tenir compte de la protection des données dès les choix de conception », renverse l’ordre le plus courant : adopter un outil puis se demander s’il pose problème. La bonne séquence part de la question avant l’achat, pas après.

Ces cinq questions ne remplacent aucune règle de gouvernance interne. Elles donnent un socle minimal, directement tiré d’une source publique et neutre, pour ne pas improviser une réponse le jour où quelqu’un la pose.

Questions

Ce qu'on demande à chaque fois.

Ces questions s'appliquent-elles à un outil gratuit comme à un outil payant ?
Oui. La CNIL ne distingue pas les deux. Un outil gratuit traite les mêmes données qu'un outil payant, et pose exactement les mêmes questions.
Faut-il répondre à ces cinq questions avant chaque nouvel outil, même un essai ?
Au minimum les deux premières, la base légale et la nature des données. Un essai qui traite de vraies données de l'entreprise n'est déjà plus un essai anodin.
Une réponse insatisfaisante à une de ces questions interdit-elle l'outil ?
Pas automatiquement. Elle appelle une décision explicite, par exemple limiter l'outil à des données non sensibles, plutôt qu'un usage non examiné qui continue par défaut.

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