L’étude Théma n° 24 de la Direction générale des Entreprises, publiée en novembre 2024 sur les enquêtes TIC de l’INSEE 2022-2023, isole le secteur industriel dans sa mesure de l’équipement en PGILe progiciel de gestion intégré, le nom administratif de ce que tout le monde appelle un ERP.. Le chiffre est net : « en 2023, 60 % des entreprises de l’industrie utilisent des PGI. »
Ce que ce chiffre déplace
Un dirigeant industriel qui pense être en retard parce qu’il n’a pas encore d’ERP se compare, en réalité, à une minorité d’entreprises de son secteur qui n’en ont pas non plus. Ce constat ne dit pas que l’ERP est inutile pour les 40 % restants, il dit que l’absence d’ERP n’est pas l’exception qu’on imagine parfois, dans un secteur où l’équipement dépasse largement la moyenne toutes activités confondues, autour de la moitié des entreprises.
La vraie question, une fois l’ERP en place
Le taux d’équipement ne mesure que la présence de l’outil, pas son usage. Un ERP acheté pour la comptabilité et jamais étendu au suivi de production ou à la gestion des stocks reste, en pratique, un logiciel de comptabilité coûteux. C’est exactement le type d’écart qu’un inventaire des outils internes fait apparaître : l’ERP existe, une partie de ses fonctions ne sert à rien, et personne n’a jamais vérifié laquelle.
Ce que ça implique pour prioriser un investissement
Une entreprise industrielle qui a déjà un ERP gagne rarement à en changer pour un autre. Elle gagne plus souvent à vérifier ce que l’outil en place pourrait déjà faire et ne fait pas, avant d’investir dans un nouveau logiciel qui recréera le même écart entre ce qui est acheté et ce qui est réellement utilisé.
Le lien avec le retard numérique mesuré au niveau national
Le taux d’équipement industriel français en ERP dépasse la moyenne toutes tailles et tous secteurs confondus, ce qui contredit l’image d’un retard généralisé. Le retard mesuré par ailleurs, sur le cloud notamment, se loge ailleurs que dans l’ERP lui-même : dans la manière dont les entreprises hébergent leurs outils, pas dans le simple fait d’en avoir un.