L’étude Théma n° 24 de la Direction générale des Entreprises, publiée en novembre 2024, isole l’effet de la taille d’entreprise sur l’adoption du cloud, indépendamment du secteur d’activité. Le chiffre est sans ambiguïté : « en 2023, 25 % des PME, 62 % des ETI et 65 % des GE utilisent l’informatique en nuage. »
Un écart de taille plus large qu’un écart de secteur
Passer d’une PME à une ETI multiplie presque par trois le taux d’adoption du cloud. C’est un écart plus large que ceux généralement mesurés entre deux secteurs d’activité différents à taille comparable. Autrement dit, pour deviner si une entreprise utilise le cloud, sa taille est un meilleur indice que son métier.
Pourquoi la taille pèse autant
Une grande entreprise dispose plus souvent d’une personne ou d’une équipe dédiée aux choix informatiques, capable d’évaluer un changement d’infrastructure et de le mener. Une PME sans service informatique dédié doit porter cette décision en plus de tout le reste, ce qui la retarde mécaniquement, indépendamment de la pertinence du cloud pour son activité.
Ce que ça change pour lire son propre retard
Une PME qui se compare à une grande entreprise du même secteur se compare à un profil structurellement différent, pas à un rival direct sur ce plan précis. Le bon repère n’est pas « les grandes entreprises de mon secteur utilisent le cloud, je devrais aussi », mais « qu’est-ce que le cloud résoudrait concrètement chez moi », une question qui ne dépend ni de la taille ni du secteur.
Le lien avec l’écart européen mesuré par ailleurs
Le retard français sur le cloud face à la moyenne européenne, 23 % contre 39 % toutes tailles confondues, se comprend en partie par cet effet de taille : la France compte une proportion importante de très petites structures, plus exposées à ce facteur que la moyenne des pays comparés. Ce n’est pas une excuse, c’est une explication qui déplace la question de « pourquoi la France » vers « pourquoi les petites structures partout ».